Lignée Serdakowski

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De Edmund de Serdain (1786-1831)  >  à Edmund mon père (1912-1994)

Jusqu’à présent, l’histoire de la lignée Serdakowski repose sur une série de légendes, peu ou pas du tout documentées, provenant majoritairement des récits incertains de membres âgés du clan entendus dans leurs enfance, et d’une chronique, non documentée, écrite au XIX-ème siècle, probablement par l’ami d’une famille de la lignée. C’est pourquoi, l’histoire des Serdakowski's, que je présente ici, est encore du domaine de la Légende.

Mon père, Edmund, en savait très peu sur l’histoire de sa lignée et probablement ne s’y intéressait pas beaucoup. Son unique frère, Henryk, me parlait avec une grande émotion de racines tatars des Serdakowski's, et ce n’est pas de n’importe quelles racines: selon lui, le clan fut fondé par un aristocrate du khanat de la Crimée !!! Mais, mon oncle Henryk n’était pas toutefois en mesure de préciser: ni de quelle famille, ni duquel endroit au khanat venait notre ancêtre, ni comment il s’est retrouvé en Pologne. Ses seuls souvenirs d’enfance se limitaient aux vagues récits de sa grand-mère paternelle (Korsak)  et à l’image du sceau familial (qu’il a même dessiné de mémoire - voir le dessin à côté) avec lequel il avait l’habitude de jouer au bureau du manoir d’Otołczyce. Ce n’est qu’en 1997 que le voile du passé s’est levé un peu, lorsqu’ un autre membre du clan: Bronisław Serdakowski, qui vie à Dębno en Pologne, m’a trouvé par Internet. Grâce aux récits bien plus précis de son père et grand-père et aux livres que ses ascendants ont conservé, je peux raconter cette Légende!

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"... Il y a longtemps, probablement au début du XVII-ème siècle, un important détachement de tatares revenait d’une de leur fréquentes invasions sur les terres du Lechistan - comme ils appelaient à l’époque le Royaume de la Pologne -, lorsque, montant sur une colline, leur avant-garde aperçut des nombreux cavaliers cosaques venant vers eux. Une violente bataille s’engagea et se termina rapidement par la victoire complète des tatars. Seuls quelques rares cosaques réussirent à s’enfuir ... (Sur le dessin: Cosaque à gauche, Tatar à droite).

... Revenant de la poursuite, les tatars remarquèrent un imposant convoi des lourds chariots, chargés à capacité d’objets de valeur. Le commandant des tatars, qu’ils appelaient Bacha, et son bras droit, nommé Batman, s’approchèrent du plus grand chariot, auquel quatre chevaux étaient attelés et qui ressemblait à un wagon habitable. L’intérieur était aussi rempli d’objets précieux , mais au fond, sur une couche couverte de peaux et de fourrures, reposait inconsciente une jeune femme. Lorsqu’un pan de la couverture du wagon fut soulevé, Bacha et Batman constatèrent que la femme était de la race nordique, qu’elle était très belle et que ses vêtements riches et ses bijoux en or signifiaient quelle appartenait à la haute noblesse de son pays d’origine. Selon toute probabilité c’était une jeune polonaise noble, enlevée par les cosaques pour la rançon, ou pour servir comme épouse à un noble cosaque ou … tatar. Au pied de la couche s’asseyait un jeune garçon, fixant les deux tatars d’un regard apeuré ..."

Traduction libre du texte écrit par M. Dowgielskij et publié en russe à Moscou en 1882

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"... Non loin du rivage sablonneux de la rivière, où quelques femmes lavaient le linge, plusieurs enfants courraient joyeusement. Parmi eux, il y avait quelques filles, mais la majorité du groupe était composée de garçons. Quelqu’un observant leur jeux aurait immédiatement remarqué un garçonnet d’environs dix ans, qui non seulement était physiquement différent des autres, mais aussi semblait être le leader du groupe. Il était bien plus grand que les autres garçons de son âge et sa tignasse blonde et les traits de son visages indiquaient qu’il était d’origine étrangère ...

... Parmi les femmes lavant le linge, il y en avait une qui attirait l’attention des autres et elle demeurait rarement seule. Les autres l’approchaient souvent pour demander conseil ou faire des confidences . Elle était très belle et aussi physiquement différente des autres femmes. Le garçonnet, qui dirigeait les jeux des enfants, lui ressemblait beaucoup ... (Sur le dessin: femmes tatares à gauche, hommes tatars à droite).

 ... Le pâle visage de la malade se raviva et elle commença à parler : - de sa lointaine patrie nordique, la Pologne; - du baptême qu’elle administra elle-même à son fils au bord de la rivière, en arrosant sa tête et prononçant les mots: "Je te baptise au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit" . La malade expliqua aussi au jeune homme la portée de ces mots et lui montra une chaîne en or accrochée à son cou, sur laquelle pendaient une croix et un médaillon. D’une voix faible, elle lui dit de ne les enlever de son cou qu’après sa mort et de ne jamais oublier qu’il était d’origine polonaise ..."

Traduction libre du texte écrit par M. Dowgielskij et publié en russe à Moscou en 1882

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"... Le curé sortit de la sacristie et entama en latin: "Deus in Auditorium" . L’orgue suivit et l’église fut remplie de la musique solennelle. Les dames: mère et fille, priaient en silence, le vieux gentilhomme - père de la fille, aussi. Le futur marié, agenouillé, penchait la tête très bas, exprimant ainsi sa soumission profonde au Dieu tout puissant et à la religion de sa mère …

… Le Grand Hetman de la Couronne ne vint pas ici par hasard; il apporta à hetman Osman Stępowski un cadeau de mariage de la part du Roi: les lettres de noblesse lui octroyant le titre de prince, et le droit d’utiliser les armes sur lesquelles figurait le croissant entourant trois étoiles …

…  Le Grand Hetman de la Couronne prit le parchemin de la table, le déploya et lut d’une voix solennelle:

- Nous, par la grâce de Dieu le Roi de la Pologne, exprimons nos profonds remerciements à hetman Stępowski pour sa bravoure au service de la Couronne. De plus, en reconnaissance de ses mérites et blessures sur les champs de bataille, nous lui concédons les titres de propriété sur trois mille włók ( une włóka = 16.8 ha )  de terres et le manoir, sis au nord de la Russie Blanche, sur les bas-fonds du fleuve Niemen. Amen …

… Ainsi entrait sur ses terres le fondateur de "Stefankowe Siedlisko" , l’homme venu de la steppe lointaine, originalement appelé: Osman, ensuite Osmański et enfin Oszmiański, grâce à la façon particulière d’un scribe officiel d’inscrire dans les livres départementaux  les noms de la noblesse locale. Le prince Osman Stępowski est devenu le gentilhomme Oszmiański, grand propriétaire terrien, maître d’un imposant manoir et du bourg Oszmiana ..."

 Traduction libre du texte écrit par M. Dowgielskij et publié en russe à Moscou en 1882

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Quelques générations plus tard, en juin 1866, deux frères jumeaux Oszmiański: Eustachy et Michał se rencontrent par hasard dans leur ancien fief pour remettre en état la tombe familiale des Oszmiański's et Serdakowski's, au cimetière d'Oszmiana, d’où ils étaient chassés par les Russes après l’échec de l’insurrection polonaise de janvier 1863. Les deux frères étaient les fils du marquis Edmund de Serdain, le lieutenant de la grande Armée de Napoléon Bonaparte, et de madame Anna-Izabela Oszmiańska, descendante d'Osman, le tatar.

Après la défaite contre le général Koutouzov, Napoléon et ses troupes retraitaient péniblement à travers les vastes plaines enneigées, sous les températures souvent inférieurs à trente degrés sous zéro. Dans ces conditions ils durent traverser la rivière Bérésina, où les attendaient les Russes. La traversée fut le carnage monstrueux des  restes de la Grande Armée française. Le lieutenant Edmund de Serdain, sérieusement blessé lors de la traversée, se traîna encore durant quelques dizaines de kilomètres, mais sentant ses forces l’abandonner, se dirigea vers le manoir d’Oszmiana, situé seulement quelques kilomètres au sud du chemin du retour de traînards napoléoniens. Complètement épuisé, il arriva sur le perron du manoir et frappa à la porte. Lorsque celle-ci s’ouvrit, il balbutia trois mots et s’écroula inconscient.

 Traduction libre du texte écrit par M. Dowgielskij et publié en russe à Moscou en 1882

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Durant sa convalescence, à l’abris des oreilles indiscrètes, le marquis Edmund de Serdain racontait la fin de la campagne de Russie, à laquelle il a pris part. La famille Oszmiański écoutait attentivement, mais avec la tristesse grandissante, la fin du grand rêve des polonais de voir leur grand ennemi, la Russie tzariste, vaincu par la Grande Armée de "l’Espoir"  de la nation polonaise, l’Empereur Napoléon Bonaparte.

l’Empereur retraitait en compagnie de ses généraux. "… Il était là, debout, qui regardait. Il était comme un arbre en proie à la cognée. Sur ce géant, grandeur jusqu’alors épargnée, le malheur, bûcheron sinistre, était monté; et lui, chêne vivant, par la hache insulté, tressaillant sous le spectre aux lugubre revanches, il regardait tomber autour de lui ses branches ..." (À gauche: "Napoléon et ses généraux", le tableau peint par E. Messonier se trouvant au musée d'Orsay à Paris).

"... Il neigeait. On était vaincu par sa conquête. Pour la première fois l’aigle baissait la tête. Sombre jours! l’Empereur revenait lentement, laissant derrière lui brûler Moscou fumant. Il neigeait. L’âpre hiver fondait en avalanche, Après la plaine blanche une autre plaine blanche. Hier la Grande Armée, et maintenant troupeau. On ne distinguait plus les ailes ni le centre: Il neigeait. Les blessés s’abritaient dans le ventre des chevaux morts; au seuil des bivouacs désolés on voyait des clairons à leur poste gelés restés debout, en selle et muets, blanc de givre, collant leur bouche en pierre aux trompettes de cuivre, boulets, mitraille, obus, mêlés aux flocons blancs, pleuvaient; les grenadiers, surpris d’être tremblants, marchaient pensifs, la glace à leur moustaches grise ..." (En haut, à gauche: Illustration du livre  par Honoré de Balzac: "Le Médecin de campagne"; en bas, à droite: "Retraite de Russie" peintre anonyme de la collection de Bernard Crochet).

D’après "Les Châtiments" de Victor Hugo.

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"... Cinquante mille hommes se précipitent à la fois vers les ponts; d’énormes convois de lourdes voitures et de canons, roulant de la berge déclive, broyant les piétons, s’entrechoquant, se renversant; des troupes de femmes, affolées de terreur, courant d’un pont à l’autre, poussées à l’eau, disparaissant avec de grands cris; la lutte effroyable pour la vie, sous la neige qui tombe, sous le canon des Russes qui creuse de longues traînées de vide dans cette masse immobilisée; l’un de pont s’écroule; la cohue se refoule vers l’autre, que, dans l’infranchissable entassement, les plus résolus seulement parviennent à atteindre, en escaladant des monceaux de morts; les jurements, les vocifé-rations, les plaintes des mourants, les appels angoissés de ceux que les eaux entraînent, le fracas d’un ouragan furieux ...  À droite: "Passage de la Bérésina", dessin aquarellé d'auteur anonyme se trouvant dans le musée de l'Armée à Paris).

... Et stoïquement, dans l’épouvante de ce désarroi, les pontonniers nus, dans l’eau jusqu’aux aisselles, maintiennent les planches fragiles et les consolident sous la ruée éperdue de la déroute, débarrassant le tablier disloqué des cadavres, des chevaux abattus, des charrettes rompues, et trouvant encore la bonne humeur de souhaiter bonne chance aux camarades qu’ils reconnaissent ..." 

D’après l’historien Lenôtre.

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"... Au terme de nouvelles et indicibles souffrances, les débris de la Grande Armée parviendront à Wilno, d’où ils serons bientôt délogés et pourchassés jusqu’en Allemagne. La campagne de Russie aura coûté près de quatre cent mille morts. Cet horrible désastre sans précédent, aura en définitive servi, note Jean Tulard, par son ampleur même, la légende de Napoléon; héros malheureux de cet épouvantable tragédie, il fut vaincu par les forces de la nature qu’il avait ignoré, par le froid, la faim, la maladie, la guérilla qui souleva la sainte Russie contre une armée de pillards et de soudards, engloutis dans l’immensité de l’hiver de la grande Russie ..."    

Du livre "Napoléon" , par Bruno Lagrange, Éditions EDL, 2003.

"... C’était un rêve errant dans la brume, un mystère, une procession d’ombres sur le ciel noir. La solitude, vaste, épouvantable à voir, partout apparaissait, muette vengeresse. Le ciel faisait sans bruit avec la neige épaisse pour cette immense armée un immense linceul; et chacun se sentant mourir, on était seul. - Sortira-t-on jamais de ce funèbre empire? Des ennemis! Le tsar, le Nord. Le Nord est pire. On jetait les canons pour brûler les affûts. Qui se couchait, mourait. Groupe morne et confus, ils fuyaient; le désert dévorait le cortège ..." 

D'après "Les Châtiments"  de Victor Hugo. 

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"... À cause du démantèlement de nôtre domaine par les Russes après l’échec de l’insurrection de janvier 1863, moi et ma famille nous dûmes nous exiler jusqu’au lointain Polesie, où un camarade d’études au lycée, qui s’appelait Waldemar Ziemiński, administrait son domaine familial. Ce camarade était un fils unique et immédiatement après les études revint chez lui pour aider son père vieillissant. Je savais tout cela, car nous n’avons jamais perdu le contact et nos relations étaient très amicales. Lorsque le temps de départ fut arrivé, j’écris à mon camarade, qui me répondit sur le champs, envoyant même la carrosse et quelques chariots pour nous faciliter notre déménagement. Comme tu sais bien, mon cher frère, nous arrivâmes à Polesie avec trois fils: Adam âgé de neuf ans, Jerzy qui avait six et le petit Wojciech de trois ans.. Au début nous nous installâmes chez notre ami, dans le village de Otołczyce, sis à quelque vingt-six kilomètres de Pińsk, Avec l’aide de mon ami Ziemiński et grâce à l’argent que nôtre mère nous avait donné après la confiscation d’Oszmiana par les Russes, j’achetai une part d’héritage du vieux compte Strawiński, qui avant de mourir divisa son domaine entre trois héritiers. Un de trois, n’étant pas doué pour l’agriculture, me vendit sa part. De cette façon et grâce à la prévoyance de notre sage mère, je pus recommencer ma vie comme propriétaire terrien d’un important domaine ..." (À droite: la peinture d'un manoir en Pologne).

D’après le chapitre IX du livre écrit par M. Dowgielskij et publié à Moscou en 1882.

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Jusqu’à présent je n’ai pas trouvé beaucoup de témoignages concernant la vie d’Eustachy Serdakowski et de sa famille dans son nouveau domaine à Otołczyce, je suppose néanmoins qu’elle n’était pas difficile. Son fils, Jerzy, hérita la part essentielle de fief familial, même qu’il n’était pas le premier fils d’Eustachy. Jerzy maria une fille née Korsak, une autre famille noble de Polesie. Mon oncle Henryk me parlait des exploits clandestins de sa grand-mère paternelle, qui prenait une part active dans la résistance contre la Russie tzariste et il lui arrivait de transporter des quantités importantes de dynamite sous sa robe, assise dans le train juste à côté d’un compagnon de voyage qui allumait sans cesse sa pipe! Je ne sais pas grand chose, non plus, sur l’administration du domaine par Jerzy. Il passa la gouvernance à son fils aîné, Zygmunt, qui maria Anna Koźlakowska de la ville de Mława, qui vint passer les vacances à Wólka Dostojewska, le domaine appartement à la famille Koźlakowski et sis à quelque dix kilomètres d’Otołczyce. (En haut, à gauche: Le tableau de Jacek Malczewski: "Le dernier insurgé").

"... Le chemin de fer passait tout près des petits bois de pin, entre lesquels se trouvaient "mogiłki", comme on appelait à Polesie les tombes ancestrales. On voyait de très loin les sommets de ces pins centenaires, car la place pour l’éternel repos était toujours choisi sur les monticules sablonneux qui ne risquaient pas d’être inondé par les marécages sans fond qui les entouraient. Chacun de nous, en rentrant à la maison, regardait les "mogiłki", comme s’il voulait saluer le retour chez soi. Lors de départ, on regardait les monticules pour "dire au revoir"  à ceux qu’on chérit , et qui nous manquerons durant notre absence ..."

Traduction du livre en polonais par Franciszek Wysłołuch : "Na ścieżkach Polesia", paru à Londres en Grande Bretagne, en 1976.

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Jerzy passa l’administration d’Otołczyce à son fils Zygmunt, probablement après la première guerre mondiale. Ce dernier était un excellant chasseur, bon agriculteur, mais ses habilités d’administrateur laissaient à désirer. Son plus proche voisin, Leon Onichimowski, toujours vivant, se souvient ainsi de mes grands-parents paternels:

"... Nos plus proches voisins étaient Serdakowski's. C’est d’ici, de cette colline, sur laquelle se trouvait jadis l’église, je pouvais voir la place où étaient autrefois: les "czworaki" - logements d’ouvriers, granges, étables, et plus loin, le petit manoir. Serdakowski's possédaient environ quatre cent hectares de terres et forêts, étangs d’élevage piscicole, briqueterie et pendant un certain temps un moulin à vapeur. D’ailleurs, c’est ce moulin qui a faillit les ruiner. Un jour, la grosse roue se détacha et tua le meunier. Le dédommagement à la famille coûta tous les économies et occasionna un endettement sérieux ... (En haut, à gauche: le paysage typique de Polesie; en bas, à droite: la chaumière typique de Polesie. Ce tableau était toujours accroché près du lit de mon père Edmund).

  ... Je me souvenais aussi, quand tous les dimanches et autres jours saints, les catholiques des environs arrivaient à cette église pour la messe. En été, avant d’entrer, tout le monde s’asseyait par terre et mettait leurs souliers aux pieds ..." 

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Mon père, Edmund Serdakowski, fils aîné de Zygmunt, étudia le génie électrique à Varsovie, à l’École Polytechnique de Wawelberg et Rotwand. En 1936, il maria ma mère, Maria Szaniawska et abandonnant les études revint à Otołczyce pour prendre la direction du domaine familial. Son règne ne dura pas longtemps. En septembre 1939 commença la Grande Guerre et nous dûmes quitter Otołczyce pour toujours, pour échapper d’une part aux nazis et d’autre aux paysans devenus hostiles à la suite de la propagande communiste venant de l’Union Soviétique. Notre domaine se trouvait à la frontière du fameux pacte de non agressions entre Staline et Hitler. En 1945, mes grands-parents Zygmunt et Anna ont reçu en guise de compensation une petite ferme de quinze hectares à Anastazew, sis non loin d’Aleksandrów Łódzki, situé au centre de la Pologne. Ils essayaient d’y vivre, mais sans ouvriers et machines appropriés c’était peine perdu. En 1946, mon père Edmund essaya à son tour, mais lui aussi dut abandonner et retourner à sa profession originale d’ingénieur électricien. Ainsi, en 1949, nous avons déménagé dans un petit appartement à Aleksandrów Łódzki. En 1953, mes parents ont échangé le petit appartement contre un chalet et un demi hectare de terre en friche.  Là, avec leur modestes revenus, ils transformèrent le chalet en petite maison et y vécurent jusqu’à leurs morts respectives: Maria en 1991, et Edmund en 1994. (En haut, à droite: la maison à Anastazew où habitaient mes grand-parents et parents, photographiée en 2001; en bas, à gauche: maison de Maria et Edmund à Aleksandrów Łódzki, photographiée en 1985).

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Texte et photographies ©2009 Christophe Serdakowski

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